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Un homme assis dans un fauteuil contemple un être humanoïde fait de lumière, tandis que la pièce se fond dans un paysage cosmique rempli d’étoiles et de galaxies.


URVAN – la rencontre avec un Être Stellaire – Page 90
 

— Parle-moi de ton monde, Urvan ?
— Je viens de plus loin que la dernière étoile, là-bas.
En ces instants, je ne réalisais pas encore vraiment que moi, Sébastien, je parlais avec un visiteur venu d’ailleurs…
— Mon monde ressemble au tien, sais-tu ? Beaucoup d’espèces de la Terre vivent sur ma planète. Il y a bien longtemps que nous connaissons Urania, les premiers explorateurs sont revenus émerveillés et ramenèrent, dès leur premier voyage, différents spécimens de la faune et de la flore. Aujourd’hui, ces apports ont embelli mon monde.
J’écoutais, fasciné, les paroles de cet interlocuteur stellaire. Je le distinguais maintenant clairement devant moi, et la seule question qui me vint fut celle-ci :
— Urvan, comment vivre en paix sur la Terre ? Comment avez-vous réussi, vous ?
— Parfois des êtres, plus évolués que nous ne le sommes, nous viennent en aide… Cela n’advient pas facilement.
— Mais encore… ?
— L’humanité est jeune : votre espérance de vie limitée et votre apprentissage de la sociabilité restent imparfaits. Beaucoup de difficultés se placent en travers de votre route. L’éducation donnée à vos enfants ne fait que traduire votre manque de psychologie et des enfants en souffrance, incapables de gérer leurs émotions, ne peuvent évoluer qu’en adultes stressés et angoissés. Et la boucle est bouclée.
— Comment casser ce cercle vicieux ?
— Il ne peut l’être que par une volonté commune, un désir fort et réel de changement, une interrogation sérieuse et minutieuse du pourquoi de l’existence. Qu’êtes-vous vraiment ? Un corps ? Juste un corps avec un cerveau dedans ? Regarde tes petits-enfants, cette énergie vivante et vivifiante qui ne demande qu’à se manifester, à créer, à expérimenter. Combien de fois les réprimandez-vous ? Les réfrénez-vous ? Combien de fois, votre colère s’abat-elle sur eux ? Vos soucis, votre impatience l’emportent si souvent. Vous confondez le fonctionnement de l’adulte et celui de l’enfant. L’enfant n’est pas un adulte miniature, il est autre chose, une énergie encore à l’état brut, ses émotions l’emportent, le secouent et le traversent simplement. L’adulte a été abîmé dans son enfance, il abîme à son tour sa progéniture. Non qu’il veuille mal faire, simplement il ne sait pas faire.
— Par quoi commencer Urvan ?
— Une meilleure analyse de vos comportements. Vous agissez ? Mais en fonction de quoi, en réponse à quoi ? Parfois le non-agir est important. L’humain méconnaît son fonctionnement, il n’est souvent que réactions et celles-ci sont inappropriées. L’empathie commence par soi, la bienveillance commence par soi. Un être bienveillant envers lui-même le sera envers les autres. Un être à l’écoute de ses émotions sera à l’écoute de celles des autres et s’il sait s’accompagner quand elles surgissent en lui, il saura accompagner les autres, sans peur, sans reproches, et sans solutions toutes faites. Car vous ne souhaitez souvent que l’arrêt de l’émotion de l’autre, même si cet arrêt implique de la violence envers lui de votre part ou de la violence envers lui de sa part car il est alors dans la peur de ne plus recevoir votre amour… Nous appelons cela la domestication…

* Illustration inspirée de cet extrait du roman La Chronique des âmes, générée par intelligence artificielle pour accompagner le texte.