Sur l’île, un soir comme les autres bascule. Éléonore vient de coucher son fils lorsqu’une voix s’élève – non au-dehors, mais au plus près de ses pensées. Pour la première fois, un dragon lui parle. Voici l’instant où le visible cède le pas à l’invisible.
Première rencontre avec le dragon
J’aimais observer le mouvement de l’eau sur leur corps dans le soleil couchant, ces derniers rayons qui blondissaient le paysage jusqu’à ce rougeoiement de toute chose. Guillaume s’endormit tout à fait. Je le posai dans son petit berceau, et plaçai mes mains sous mon menton. Je repensai aux événements de la journée. Pendant des jours, il ne se passait rien et là… Je revis le dragon soufflant sur Saint-Jean, mais les dragons n’existent pas, pensai-je !
— Ils n’existent pas dans ta réalité !
— Comment ?
— Les dragons n’existent pas dans ta réalité en trois dimensions, simplement.
— Qui me parle ?
— Le dragon.
L’étonnement me figea. Je parlais à un dragon ! Enfin… c’était plutôt un dragon qui parlait avec moi.
— Tu apprendras que seuls les dragons ont le pouvoir de canaliser et d’élever l’énergie provenant du désordre, notre puissance est immense.
Mon cœur battait vite et pourtant j’étais calme, de ce calme étrange qui descend parfois quand la réalité dépasse ce que l’esprit peut contenir. Je flottais entre deux mondes, celui que je connaissais et celui qui s’ouvrait. Pourtant, des questions me venaient…
— Comment t’appelles-tu ? Est-ce toi qui te trouvais à Saint-Jean ?
— Tu peux m’appeler Dragonis, je saurai alors que c’est toi. Et non, ce n’était pas mon œuvre, mais celle d’un dragon encore plus puissant que je ne le suis. Je serai près de toi en cas de besoin, j’entendrai ta voix.

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