À quoi ressemble vraiment le souvenir d’une vie antérieure
Il y a là un état que les mots peinent à saisir. Pas un rêve, pas une hallucination — quelque chose de plus précis, de plus immédiat que la réalité ordinaire. Une expansion de conscience dans laquelle je perçois au-delà des sens, interconnectée avec l’ensemble des dimensions visibles et invisibles.
Les souvenirs d’autres vies arrivent souvent en vrac, comme un téléchargement massif. Et toutes les données sont là simultanément : les images, les sentiments, les émotions, les odeurs parfois. Tout se manifeste en une fraction de seconde. Toute la connaissance émerge d’un coup — celle d’une vie entière, d’un visage, d’un lieu que je n’ai jamais foulé dans ce corps-ci.
Cela se produit quand un geste, un regard, une intonation font écho à quelque chose d’enfoui. Et soudain, je reconnais.
Le puzzle et le nom
Parfois ce n’est pas un téléchargement — c’est un puzzle. Un élément se dévoile ici, dans une conversation anodine. Un souvenir différent émerge des semaines plus tard, en voiture, sous la douche, au réveil. Puis tout s’emboîte avec une précision déconcertante, jusqu’à présenter le tableau parfait d’une vie que j’ai vécue ailleurs, autrement.
Parfois c’est un nom. Un prénom qui se répète dans ma tête sans raison apparente — Hortense, par exemple. Il revient, insiste, tourne. Et soudain le voile se déchire et je sais qui elle était, ce qu’elle a traversé, comment elle est partie.
Ce n’est pas de l’imagination. L’imagination invente. Cela, je le revis.
La vague, l’Atlantide, et le premier texte
Un jour, en voiture, de troublantes images ont envahi mon esprit : une vague immense qui s’avançait vers moi et m’emportait. Je revécus ma disparition d’alors, sur cette île que j’avais tant aimée — l’Atlantide. La sensation était physique. La peur aussi.
C’est ainsi que naquit mon premier texte : Atlantide, mon amour. Je l’avais écrit pour une amie qui m’avait dit, lors d’une conversation étrange : « Ce n’est pas à cette mer que tu dois aller — la Méditerranée — mais à l’autre, l’Atlantique. Tu dois te prendre la vague. » Elle n’a jamais répondu à ce que je lui avais envoyé. Qu’importe — j’étais lancée.
Telle une floraison, d’autres textes vinrent. Toutes ces vies que j’avais traversées, que j’avais connectées, se voyaient maintenant couchées sous format Word. Une après l’autre, elles demandaient à être racontées.
Canaliser, écrire sous dictée
Par moments, j’entendais. Aujourd’hui on dit canaliser — le mot n’existait pas encore dans mon vocabulaire à l’époque. J’écrivais sous la dictée d’Êtres que je percevais depuis ce que je nomme les plans de lumière. Des voix intérieures d’une clarté troublante, d’une cohérence que je n’aurais pas pu inventer.
J’ai aussi vécu une rencontre que je n’oublierai pas : celle avec l’énergie de Mozart. Pas une anecdote, pas une métaphore — une présence, reconnaissable entre toutes.
C’est dans cet espace-là, entre réception et écriture, que la série Immortelle a pris naissance.
Éléonore, et le roman qui ne s’est pas arrêté
Un jour, je commençai l’histoire d’Éléonore — l’une de mes incarnations de cette fin de dix-neuvième siècle — et le récit ne s’arrêta pas. Il continua, tome après tome, comme si c’était elle qui menait.
J’eus l’idée, par un subterfuge que je ne dévoilerai pas, d’y inclure tous les récits de mes vies passées. Chaque vie traversée devenait un fil dans la trame du roman. Chaque souvenir, une scène.
Pourtant, je ne saurais affirmer que c’est moi et non elle qui s’exprime dans ces pages. Car je le reçois sous sa dictée. Je le vois par ses yeux. Je le vis avec elle — dans un émerveillement que je vous souhaite de ressentir un jour.
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